Jeudi 28 août 2008
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Le secret est déjà éventé puisque l'annonce doit se faire demain à Laval, en Mayenne, un département qui teste le RSA depuis le 1er mars et où le chef de l'Etat doit se rendre pour «parler
social» et lancer «un message politique fort»...
Le journal Les Echos a vendu la mèche ce matin : pour financer le Revenu
de solidarité active de Martin Hirsch, qui doit être généralisé à compter de juin ou juillet 2009, Nicolas Sarkozy joue la carte socialiste en voulant «mettre à contribution les revenus du
patrimoine (revenus fonciers...) et de placement (dividendes, assurance-vie, etc...) via un nouveau prélèvement de 1,1%. [...] La recette de cette contribution additionnelle, qui s'ajoutera aux 11%
de prélèvements sociaux existants (CSG, CRDS, contribution de 2%, cotisation solidarité autonomie de 0,3%) et qui touchera les revenus perçus en 2009 serait proche de 1,5 milliards d'euros».
Ainsi, le misérable financement de ce dangereux pis-aller «est donc garanti», écrit le quotidien économique qui précise que la prime pour l'emploi (PPE) «sera simplement gelée en 2009 (son barème
n'évoluera pas en loi de Finances, contrairement à celui de l'impôt sur le revenu), ce qui permettra de grappiller quelques centaines de millions d'euros d'économies sans réduire drastiquement le
nombre de bénéficiaires, conformément aux vœux de l'UMP».
Expérimenté dans 34 départements sous une forme limitée, le projet de loi sur le RSA doit être présenté en Conseil des ministres le 3 septembre, puis examiné «en urgence» par le Parlement lors de
la session extraordinaire qui s'ouvre le 22 septembre.
Le capital, le vrai, peut dormir tranquille.
Affaire à suivre...
Selon le magazine Alternatives Economiques, ce sont à 80% des ménages vraiment «riches» qui participeront ainsi au financement du RSA =>
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Par leptitquinquin
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Mercredi 13 août 2008
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23:56
La pauvreté est le fruit de multiples handicaps qui, combinés, fragilisent la position de l'individu et de sa famille : bas salaire et précarité de l'emploi, manque de qualification ou
déqualification, mais également problème de logement, de mode de garde, problèmes familiaux et sociaux. Un état de santé médiocre, ainsi que le manque d'estime de soi constituent un obstacle
supplémentaire pour s'engager dans une démarche active de recherche d'emploi. D'ailleurs, l'abandon de cette recherche par une minorité d'allocataires s'explique le plus souvent par des problèmes
de santé. Ces personnes sont pauvres et inactives et ne recherchent pas d'emploi : méritent-elles de ne pas être aidées pour autant ? La logique du RSA est claire sur ce point, elles ne
le seront pas plus qu'aujourd'hui comme l'a très clairement souligné Martin Hirsch :
« J'insiste également sur le fait que seules les personnes qui travaillent bénéficieront d'un surcroît de prestations par rapport à la situation actuelle.
Avec le RSA, nous ne mettons pas un centime vers l'inactivité, et nous augmentons sensiblement le pouvoir d'achat des travailleurs pauvres ».
Le RSA se fonde sur une vision duale de la pauvreté : la pauvreté méritante, celle qui affecte ceux « qui travaillent et se lèvent tôt », par opposition à une pauvreté qui serait
« méritée ». Cela repose sur une idée naïve et dangereuse : « quand on veut, on peut ». Cela conduit à considérer, de façon absurde dans le contexte socio-économique
actuel, que le fait d'« avoir un emploi » est révélateur de la volonté de l'individu de se réinsérer... En refusant de toucher aux niveaux des minima sociaux, on sacrifie sur l'autel de
l'incitation au travail les individus qui constituent le « noyau dur » de la pauvreté, ceux pour lesquels une insertion immédiate dans l'emploi apparaît peu crédible. Le dernier rapport
de l'Observatoire de la pauvreté et de l'exclusion sociale fait état d'une stabilisation du nombre de pauvres, mais d'une intensification de la pauvreté, ce qui n'est pas étonnant au regard de la
dégradation du niveau du RMI (graphique 2). Le niveau du RMI est ainsi passé d'un peu moins de 70% du seuil de pauvreté en 1995 à près de 60% en 2005.
Graphique
Pour lutter contre la paupérisation des plus démunis, la mesure d'urgence serait de relever le niveau du RMI, ce qui profiterait au tiers des ménages pauvres qui perçoivent actuellement cette
allocation . À cette mesure devraient s'ajouter des politiques de fond qui mettent l'accent sur l'accompagnement dans l'emploi des chômeurs, sur la formation, sur l'encouragement à l'emploi des
femmes. Ainsi qu'une meilleure prise en charge du coût de l'enfant (avec par exemple une allocation familiale dès le premier enfant) et une création massive de modes de garde. Enfin les questions
de l'accès au logement et de l'accès aux soins devraient également être intégrées dans une politique générale de lutte contre la pauvreté. Évidemment tout cela est coûteux. Comme le dit le prix
Nobel d'économie, Robert Solow : « No cheap answer ». Il s'agit là d'un véritable engagement de la société, qui exige de redéployer massivement les ressources pour se
donner les moyens de cette ambition.
Par leptitquinquin
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