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Une étude récente a montré l'impact de
la pollution atmosphérique sur la fertilité des souris mâles. Une équipe de chercheurs a étudié les mutations présentent dans le sperme d'un groupe de souris placé à proximité de deux aciéries et
d'une autoroute, les comparant à un autre groupe, dont l'air respiré a été filtré et débarrassé de ses particules. Le verdict n'a pas surpris : les souris exposées à la pollution présentaient 1,6
fois plus de mutations que les autres, des mutations qui persistaient après 6 semaines de repos dans de l'air sain, montrant que les cellules souches ou spermatogonies étaient touchées. Cette
nouvelle étude, qui en appelle d'autres, démontre un peu plus l'impact des pollutions sur la vigueur des mâles chez les vertébrés.Les conflits guerriers des soixante-dix dernières années ont montré que les populations civiles sont passées de l'état de victimes indirectes des affrontements (rationnement, conditions de vie liées à l'occupation de territoire, destruction de récolte et d'usine, mobilisation des hommes jeunes, etc...) à l'état de cibles directes, alors même que les instances internationales ont multiplié les conventions, les règlements et les tribunaux pour "humaniser" la guerre. Le nombre des cadavres civils pour cause de guerre s'en est trouvé largement augmenté tandis que proportionnellement celui des militaires de métier s'est réduit..
De ce fait, depuis la seconde guerre mondiale la fameuse "chair à canon" constituée par les civils mobilisés ou appelés et globalement la masse des sans-grades sous uniforme s'est transformée en chair civile pour ce qui ressemble fort à des holocaustes.
Le Vietnam avait montré que l'on pouvait jouer au Napalm avec les populations civiles sans défense. Quelques années auparavant, "Little boy" et "Fat man" lancés sur Hiroshima et Nagasaki avaient "vengé" Pearl Harbour en vitrifiant des populations innocentes qui n'avaient aucune responsabilité dans l'affaire. Les dizaines de milliers de morts civils de Dresde se sont avérés être les seules cibles des 7000 tonnes de bombes incendiaires et des mitraillages. D'autres exemples pullulent qui ne se différencient de l'extermination programmée dans les camps nazis que par l'absence de "tri" dans les cibles humaines détruites froidement sans aucune distinction.
Si nous sommes restés massivement impuissants ou sans réactions de rejet des responsables de ces massacres organisés qui ne se justifient même pas des raisons militaires ou stratégiques, c'est probablement en grande partie parce que la réalité sanglante nous a été soigneusement dissimulée par la diversion des commentaires géopolitiques amalgamant les populations civiles avec leurs dirigeants - par ailleurs souvent épargnés - dans la perspective d'un supposé danger objectif pour la paix.
Pourquoi des photos inédites et saisissantes de l'horreur d'Hiroshima sortent 63 ans après ?
On peut donc s'interroger aujourd'hui sur les raisons de la diffusion par la Hoover Institution d'une série de dix photos nédites et saisissantes , présentées comme ayant été prises par un japonais anonyme au milieu des décombres d'Hiroshima dans les heures qui ont suivi l'explosion et qui auraient été retrouvées en 1945 dans une cave de la ville à l'état de pellicule non développée par un soldat américain faisant partie de la force d'occupation du Japon à l'issue de la guerre.
Le parcours de ces clichés pose même quelques interrogations puisqu'il aura fallu attendre 53 ans avant que leur découvreur ne les sorte en 1998 du secret de son tiroir pour en faire don aux archives d'Herbert Hoover, assorti de l'obligation de ne les rendre publique qu'à partir de 2008, date à laquelle il était certain que sa santé précaire ne lui permettrait plus d'être en vie.
On peut en effet trouver bizarre que ce Monsieur Robert L. Capp n'ait pas eu le besoin de tirer un profit financier évident de ces photos exceptionnelles, ni d'avoir céder à la tentation d'en révéler la possession à quiconque. Tout comme on peut interpréter son souhait de ne les rendre publiques qu'après sa mort comme une manière de ne pas avoir à répondre aux questions qui n'auraient pas manqué. De la même sorte, si on peut louer le désir que la Hoower Institution lui prête d'avoir voulu éviter de raviver les polémiques entre pro américain et pro japonais sur la délicate question de l'utilité du génocide, on conviendra que la vision de la réalité crue de l'horreur aurait été d'un plus grand bénéfice pour l'humanité tant il est vrai qu'elle génère la retenue ultérieure face aux discours guerriers.
Cependant, on ne peut écarter l'idée que la censure drastique américaine sur tout ce qui se rapporte à cet événement - et qui est encore patente - ait pu frapper aussi ces images en menaçant sérieusement son détenteur. En effet, la nécessité de nous maintenir à distance de la réalité et de l'impact humain réel de la frappe nucléaire de 1945 afin que nous ignorions le plus longtemps possible l'importance de la tragédie inhumaine subie par la population civile, n'a permis que la publication de photos lointaines ou suffisamment floues pour ne susciter que des commentaires de principe sur le dilemme monstrueux de la décision politique et sur la puissance apocalyptique de la solution technologique.
Toutefois, même si l'autorisation (ou la décision ?) de diffusion par la censure laisse penser que l'opération n'est pas innocente, ces images ont l'avantage de bousculer notre tendance à ne vouloir voir de la guerre que ce que l'on veut bien nous en montrer et en l'occurrence à prendre conscience que les victimes n'ont pas été instantanément vaporisées dans le champignon atomique comme on s'emploie à l'imaginer.
Cela étant, si l'ancienneté de l'événement et la disparition des témoins et des responsables de l'époque permet quand même de réduire l'émotion populaire à un sentiment de compassion quasiment au même niveau que l'évocation du massacre des tranchées de Verdun, on ne pourra pas laisser de coté la dimension manipulatrice de cette nouvelle vision plus crue que celle déjà autorisée sur le sujet et qui nous renvoie inconsciemment à une autre histoire.
En effet, on aura noté la similitude avec les images abondamment médiatisées à la découverte des camps de concentration ce qui provoque consciemment ou pas l'évocation d'une sorte de continuité dans l'horreur, dans la constance de l'innocence des victimes non militaires et dans la notion d'extermination massive aveugle.
Par cette similitude d'amas ou d'alignement de corps civils de tous ages, à moitié vêtus, couvrant à perte de vue le sol boueux dans un sinistre décor de ruines déchiquetées, on découvre que l'horreur d'un massacre massif d'innocents n'est pas que le fruit d'une idéologie raciste comme on nous l'avait martelé en faisant de la Shoah le but principal du régime nazi, mais la volonté cynique de donner la mort sans discernement en visant - évidement lâchement - des populations sans défense, en général affaiblies et surtout qui ne s'y attendent pas. Bref, la peur qui se dégage est aussi que nous sommes tous potentiellement la cible future d'une extermination collective.
Désormais, le civil est au coeur de la stratégique militaire et doit s'attendre à être potentiellement pris un jour où l'autre dans un massacre massif sans aucune équivalence avec les plus grandes pertes qu'ait pu subir n'importe quelle armée régulière de professionnels ou de conscrits depuis que les peuples sont conviés à leur corps défendant à s'affronter. Plus précisément encore, il ne suffit pas d'appartenir à une communauté religieuse ou ethnique pour faire partie des victimes, il suffit simplement d'être de la race humaine et de se trouver sur le chemin ou dans le collimateur des nouveaux dieux de la guerre.
Le dernier épisode qui scelle cette tendance installée depuis la seconde guerre mondiale est illustré par la folle paranoïa de l'administration Bush père et fils dans sa conquête sanguinaire de l'Iraq dont le nombre de morts militaires ne représente même pas 5% du total des cadavres. Aux centaines de milliers de morts de malnutrition et de maladies en raison du blocus lancé par le père et validé par l'ONU se sont ajoutées les centaines de milliers de morts par les armes et notamment les bombes à uranium appauvri de la première campagne et la même proportion de cadavres qui s'accumulent depuis dans le chaos actuel décidé par le fils et validé par ses alliés qui sont aussi nos gouvernants.
Aussi, même si la presse n'a pour l'instant que peu fait écho des photos de Monsieur Robert L. Capp et que leur origine semble douteuse, leur circulation sur le Net n'est
pas sans effets. Hormis la relance de la controverse entre les thèses japonaises et américaines déjà connues, ne seraient-elles pas destinées à nous conditionner au fait que les guerres
industrielles modernes ne sont plus un règlement de contentieux entre professionnels militaires mais un exercice technologique dont le degré de terreur et le volume d'extermination des
civils sont les étalons qui désignent le meilleur de ces professionnels ?
Au-delà, ne veut-on pas nous inviter à prendre conscience que l'humanité entière est couverte par un petit nombre de demi-dieux qui comme les dieux de l'antiquité raffolent du fumet de
l'holocauste... humain.
Nous allons bientôt vivre dans une nouvelle société. Une nouvelle société n'arrive pas comme un coup de tonnerre et sans s'être annoncée; elle frappe à la porte... et dix fois plutôt qu'une! Ainsi, il y a plus de 40 ans que l'on se prépare à accueillir une nouvelle société. Le premier signe précurseur, circa 1955, a été la baisse du pourcentage de la main-d'oeuvre dans le secteur industriel aux USA, signe clair que la capacité de production globale pouvait satisfaire la demande globale et même l'excéder: l'objectif immémorial de l'homme de combler ses besoins matériels était enfin obtenu.
Il restait à résoudre des problèmes de distribution inhérents au système. Il faudrait se résigner à changer les règles du jeu, sans quoi, la "demande effective" pour les biens industriels étant saturée, notre société allait errer sans but réel comme une âme en peine pendant que les inégalités augmenteraient et que nos valeurs perdraient leur sens. Un scénario de décadence.
Guerre froide, Viêt-Nam, on n'a pas changé les règles du jeu. Les années "60 ont apporté la prise de conscience de la fin d'une époque. les individus ont cherché un par un et par petits groupes une nouvelle direction que la société n'offrait pas. Protestation, contestation, quelques pas en avant, quelques avancées sociales, Mai "68, Woodstock... puis on se lasse et c'est l'apathie des années "70 qui s'installe.
Dix ans d'apathie puis Reagan siffle la fin de la récréation sociale: on ne redistribue plus la richesse. Encore dix ans, et ce sont les Russes qui en ont assez d'attendre, mettant fin à l'expérience communiste; encore 5 ans et les Chinois, pragmatiques, rentrent dans le rang, mettant aussi le fric au-dessus de l'idéologie et laissant l'arène au dernier survivant du derby-démolition politique du 20ème siècle: le néo-libéralisme. Fin de l'Histoire.
Pas tout à fait. L'exploitation n'ayant plus d'ennemis naturels s'est développée comme une bactérie sur une culture et, toute richesse terre-à-terre significative ayant été consommée, le capitalisme triomphant est parti à la conquête de l'imaginaire. Produits boursiers dérivés, activités bancaires "hors-bilan", création d'argent "virtuel", manipulation arbitraire des taux d'intérêts et des taux de change... Notre société n'ayant plus de but réel, les financiers nos maîtres se sont trouvés une raison de vivre dans un autre univers.
Un univers où le Dow-Jones a multiplié sa valeur imaginaire par 14 en 17 ans, alors que pendant ce temps, le niveau de vie moyen en dollars constants du péquenot-travailleur d'un pays dit développé n'a pas augmenté d'un cent .. et que le revenu du sous-péquenot non-travailleur d'un pays qu'on n'ose même plus dire "en développement" a chuté brutalement durant la même période. Dans l'univers imaginaire néo-libéral, 12 chiffres et un signe d' initié sur un écran prouvent que Bill Gate "vaut" $ 100 000 000 000. Dans le monde réel, 40 000 enfants meurent de faim chaque jour.
Rien ne va plus. Il y a des choses à changer, mais il ne s'agit pas de prendre l'argent de Bill Gate. Il s'agit de changer les règles du jeu et de rendre effective la demande qui ne l'est pas.
Elle ne l'est pas parce que, à l'échelle planétaire, une majorité croissante des travailleurs potentiels n'ont pas et n'ont aucune chance d'acquérir la compétence qui leur permettrait de produire quoi que ce soit qui puisse être utile à la minorité de "gagnants" des pays occidentaux industrialisés (Western Industrial Nations). Les "Winners" - machines, ordinateurs et automates aidant -n'ont plus désormais besoin de ces travailleurs sans compétences.
Pas plus d'ailleurs que, dans un pays occidental industrialisé, les vrais gagnants, ceux qui ont la compétence d'être utiles, n'ont besoin des travailleurs de ces pays mêmes qui sont dépourvus de cette compétence. Un (travailleur sur quatre dans les WIN ne travaille déjà plus. Le quart des "gagnants"sont devenus aussi des perdants et la proportion des exclus augmente sans cesse.
Pas plus d'ailleurs que, dans un pays occidental industrialisé, les vrais gagnants, ceux qui ont la compétence d'être utiles, n'ont besoin des travailleurs de ces pays mêmes qui sont dépourvus de cette compétence. Un (1) travailleur sur quatre (4) dans les WIN ne travaille déjà plus. Le quart des "gagnants"sont devenus aussi des perdants et la proportion des exclus augmente sans cesse.